Une journée à Cap’Archéo

L’archéologie à destination des jeunes publics

 

Cap_Archeo, archéologie, fouilles, Cap_Sciences

Je vous ai parlé plusieurs fois de Cap Sciences, le Centre de Culture Scientifique, Technique et Industrielle de Bordeaux. À travers certains de mes articles, je vous ai fait découvrir certaines de leurs expositions ; notamment leur Escape Game : Luminopolis (à retrouver ) ou leur exposition très ludique et innovante, sur le thème du temps, Clock (à retrouver ici).

Cependant, je ne vous avais pas encore parlé de Cap’Archéo, le programme de médiation scientifique sur l’archéologie, porté par Cap sciences et soutenu par l’Inrap,(Institut National de Recherches Archéologiques Préventives), la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles), la région Nouvelle Aquitaine, le département de la Gironde, le Rectorat de Bordeaux et la ville de Pessac. Donc, pour ce nouvel article, j’ai envie de vous faire vivre une journée dans cet endroit dédié à la transmission et à la promotion de l’archéologie auprès des plus jeunes.

Des activités à destination des scolaires

Je suis venue à Cap’Archéo un lundi de Janvier et j’ai pu rencontrer Ghislaine, Myriam et Nathalie, les trois médiatrices qui font vivre cet endroit. Ce jour-là, c’était une classe de CM1 que nous attendions.

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En premier lieu, Ghislaine et Myriam leur ont présenté le lieu et le site : un espace pédagogique pour découvrir l’archéologie. Tout d’abord, en bonnes médiatrices scientifiques qui se respectent, Ghislaine et Myriam veulent avoir une idée des connaissances des enfants, afin de pouvoir ensuite adapter le discours. Elles leur demandent donc ce qu’ils connaissent de l’archéologie. Les réponses fusent :

  • « vestiges d’il y a très longtemps » ;
  • « fouilles » ;
  • « identifier les objets trouvés ».

Étonnamment (ou pas, j’avoue que j’étais encore pleine de préjugés), aucun enfant n’a cité Indiana Jones. Bon, après, ce n’est peut-être pas si connu dans leur génération… (#Vieillesse…).

Le rôle de Ghislaine et Myriam est, avant tout, de transmettre leur passion et leurs connaissances de l’archéologie. Et de bien faire comprendre qu’il y a une différence entre l’archéologie, qui étudie l’histoire de l’être humain, et la paléontologie, qui étudie surtout des fossiles afin de pouvoir étudier l’évolution des espèces. Je ne me risquerai pas à vous faire une comparaison détaillée, je préfère vous renvoyer vers des spécialistes (Dino News,  l’Inrap ou la Société Archéologique de Bordeaux) ! Elles leur ont également présenté différents métiers en lien avec l’archéologie :

  • L’archéozoologue qui étudie les os d’animaux ;
  • L’anthropologue qui étudie les os d’êtres humains ;
  • Le céramologue qui étudie les restes de céramiques trouvées lors des fouilles ;
  • Le pallinologue qui étudie les pollens.

Céramique : il s’agit de terre argileuse qui est d’abord façonnée afin de lui donner la forme désirée, puis qui est cuite pour la faire durcir. Elle a surtout été utilisée pour fabriquer de la vaisselle.

L’archéologie pour les enfants

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Je vous l’ai dit (plusieurs fois d’ailleurs), le rôle de la médiation c’est d’abord de partir et de s’adapter aux connaissances du public, donc de prendre en compte leur vécu et leurs expériences. Nos deux médiatrices ont donc posé différentes questions aux enfants en rapport avec l’archéologie. Elles ont notamment voulu savoir pourquoi les objets, les vestiges, sont enterrés dans la terre. Les enfants ont répondu que c’est parce qu’il « y a du vent qui amène de la terre pendant plein d’années ». Quelle méthode est utilisée par les archéologues pour creuser ? Ils le font « couche par couche ». Ah, mais combien mesure une couche ? Eh bien, cela dépend des conditions climatiques, de si le lieu est habité ou pas ou encore de la texture du milieu (sable, marais…).

Et peut-on faire de l’archéologie sous l’eau ? Les enfants ont répondu que oui si jamais il y a des « bateaux qui ont coulé ». Ghislaine et Myriam le confirment, les vestiges présents sous l’eau sont souvent très bien conservés car ils sont préservés des microorganismes qui, sinon, les auraient dégradés.

Lorsque les médiatrices ont demandé quels types d’objets pouvaient être découverts, les enfants ont proposé des armes (épée, flèche…), mais ils ont bien précisé que l’on retrouvera surtout le fer qui les composait, car les éléments en bois auront vraisemblablement été dégradés. Ils ont également proposé des vestiges liés aux bâtiments et aux maisons ou, pour les humains de la Préhistoire, des morceaux de silex.

Finalement, Ghislaine et Myriam ont expliqué aux enfants ce qu’ils faisaient là. Elles ont reçu un mail de l‘archéologue en chef qui mène une fouille à proximité de la place Saint-Projet à Bordeaux. La ville veut aménager les lieux, mais il s’agit d’une zone archéologique sensible, il est donc important de mener un chantier de fouilles et donc une enquête archéologique. Il faut donc étudier ce lieu :

  • se renseigner sur l’histoire de l’endroit ;
  • faire des recherches documentaires ;
  • installer le chantier de fouilles et mettre à jour les vestiges ;
  • prélever ces vestiges et les analyser en laboratoire.

Le chantier de fouilles et la découverte de vestiges

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Un premier groupe d’enfants découvre ce fameux chantier de fouilles. Il est quadrillé par des ficelles qui forment des carrés identifiés par des lettres et des chiffres (par exemple le carré « F3 »). Chaque enfant se voit attribué un carré à fouiller et devra ensuite dessiner les objets qu’il trouvera à l’intérieur. En regroupant les dessins des enfants, il sera possible de faire un plan d’ensemble du chantier.

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En vrai petits archéologues, les enfants ont chacun une pelle, un pinceau, un récipient pour mettre les déchets (terre, sable…) et un sceau.

Étude de l’histoire de Bordeaux

Le deuxième groupe mène, en parallèle, des études bibliographiques sur l’histoire de Bordeaux. Il découvre l’évolution de la ville de Bordeaux au travers de certaines grandes périodes historiques : la Préhistoire, l’Antiquité Gallo-Romaine et la période contemporaine. Pour cela, ils ont à disposition des cartes, des vieux documents et des archives et ils doivent reconstruire sous forme de schémas et de maquettes la place Saint-Projet.

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Par exemple, ils ont remarqué qu’au Moyen-Âge, il y a eut l’ajout et la construction d’un rempart tout autour de la ville et la construction de maisons, d’une église et d’un cimetière sur la Place Saint-Projet. Puis, en 1730, pendant la période moderne, ces murailles se sont agrandies et se sont accompagnées de la construction du Château Trompette (qui n’existe plus aujourd’hui), tandis que sur la place, le cimetière et l’église ont disparu et il ne reste qu’un clocher.

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Le laboratoire du céramologue

Les vestiges de poterie découverts sur le chantier de fouilles doivent ensuite être analysés et étudiés ; c’est le rôle du céramologue. Tout d’abord, il est important de se poser des questions sur cette poterie :

  • à quoi sert-elle ? (sa fonction) ;
  • de quand date-t-elle ? ;
  • quelle est sa forme ? (peut-on lui donner un nom ?) ;
  • d’où provient-elle ? Ce qui permet de savoir s’il a pu y avoir des liens commerciaux et des échanges potentiels.

Une fois que les enfants ont pu proposer des hypothèses pour chacune de ces questions, ils doivent tenter de reconstituer ces poteries, d’identifier l’objet reconstitué grâce à des dessins de céramologue et d’écrire les différentes parties de la poterie.

La mise en commun des informations

Après un pique-nique bien mérité, les enfants des deux groupes se sont rassemblés afin d’échanger les informations entre le groupe des céramologues et celui de la recherche documentée (tous les enfants ont pu effectuer les fouilles).

Le chantier de fouilles présente deux secteurs : le secteur « haut » qui correspond au Moyen-Âge avec les maisons de l’époque (mais pas l’église, ni le cimetière). Le secteur « bas » qui correspond à l’époque Gallo-Romaine.

À travers ces différentes activités, les enfants ont ainsi pu se rendre compte que « ça change beaucoup » et que « Bordeaux s’est agrandie »…

Petite précision pour finir, pendant les vacances scolaires, Cap’Archéo propose aussi des activités pour les particuliers, donc si vos enfants sont passionnés d’archéologie, n’hésitez pas à les inscrire !

 

Que pensez-vous de cette immersion dans l’archéologie à destination des enfants ? Ce dispositif vous semble-t-il adapté et pertinent ?

 

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